Avorter aujourd'hui en France, quelle réalités ?

2ème baromètre sur l'accès à l'avortement en France en 2026

Dernière modification : 2 octobre 2026

Ce baromètre a été réalisé par Kantar pour le Planning familial. Kantar a réalisé une étude quantitative qui a été menée en ligne du 18 au 30 juin 2026 auprès de 2 000 personnes, ainsi que d’un échantillon de 339 femmes ayant eu recours à une IVG au cours des cinq dernières années. Elle est complétée par une étude qualitative menée auprès de 11 femmes ayant eu recours à une IVG, interrogées lors d’entretiens individuels du 19 au 31 août 2026.

L’analyse présente est complétée des témoignages anonymes enregistrés lors d’appels ou de tchats sur le Numéro Vert National en 2024 et 2025, ainsi que des résultats d’une enquête menée auprès des associations départementales du Planning familial en juin et juillet 2026.

Chiffres clés

UN DROIT LARGEMENT SOUTENU, MAIS TOUJOURS PERÇU COMME FRAGILE

  • 86 % des français·es considèrent l’autorisation de l’IVG comme une bonne chose.

  • 87 % estiment que l’inscription de l’IVG dans la Constitution garantit l’accès à ce droit dans le futur.

  • Pourtant, 36 % pensent que le droit à l’avortement pourrait être remis en cause prochainement, soit 6 points de plus qu’en 2024. Cette inquiétude atteint 56 % chez les femmes ayant eu recours à une IVG.

DES OBSTACLES IMPORTANTS PERSISTENT

  • 3 femmes sur 4 ayant avorté dans un établissement de santé ont attendu plus de 7 jours pour obtenir leur rendez-vous, contre 54 % en 2024, soit +18 points.

  • 1 femme sur 2 (50%) indique qu’un·e professionnel·le a refusé de l’accompagner pour l’intervention, contre 27 % en 2024.

  • Environ 1 femme sur 5 n’a pas eu le sentiment d’avoir pleinement le choix de sa méthode d’IVG.

  • Près d’1 femme sur 4 ne s’est pas vu proposer d’antidouleurs au moment de son IVG

S’INFORMER SUR L’IVG : INTERNET DEVIENT INCONTOURNABLE

  • 38 % des femmes ayant eu recours à une IVG citent Internet comme source d’information, au même titre que leur entourage (38 %).

  • 22 % disent avoir été informées en discutant avec une intelligence artificielle (nouvelle question adressée dans l’enquête 2026).

  • 25 % placent en priorité l’amélioration de l’information sur le droit et le parcours pour améliorer l’accès à l’avortement, devant la la lutte contre la désinformation (21 %).

L’AVORTEMENT RESTE MARQUÉ PAR LES PRESSIONS ET LE TABOU

  • Les pressions apparaissent comme le premier frein à l’accès à l’IVG identifié par les femmes qui ont elles-mêmes avorté : 40 % les citent, devant la peur du jugement (33 %) et le manque de structures (33 %).

  • Environ 2 femmes sur 3 (64%) ayant avorté ont ressenti des pressions autour de leur choix d’avorter.

  • La parole semble néanmoins se libérer : 82 % des femmes ayant avorté en ont parlé avec leur famille, soit +19 points par rapport à 2024. Mais 35 % disent encore qu’il leur a été difficile d’aborder leur intention d’avorter avec leur entourage.

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